L’intelligence artificielle dans la lutte contre le cancer

Pour qu’un soignant arrive à choisir quel traitement administrer à un patient, il doit suivre un raisonnement impliquant à la fois des notions de connaissances, d’incertitudes, d’expériences et de risques. Afin de minimiser les erreurs médicales, on développe de systèmes d’aide à la décision, simulant le raisonnement médical. Ceux-ci nécessitent alors de modéliser cette pratique, en utilisant des méthodes d’apprentissage automatique dites de « Deep Learning ».

Des logiciels permettant d’identifier les patients les plus sensibles à un traitement

Récemment, les équipes de cancérologie digestive des Hôpitaux européen Georges-Pompidou, Cochin et Ambroise-Paré AP-HP, et du laboratoire « Sciences de l’information et médecine personnalisée » de l’INSERM et de l’Université Paris-Descartes, ont élaboré un système d’intelligence artificielle. Ce système permet de prédire la réponse thérapeutique à une radiochimiothérapie pré-opératoire chez des patients suivis pour un cancer du rectum. Les travaux permettraient de proposer un traitement conservateur plutôt qu’une ablation totale du rectum aux patients en réponse thérapeutique complète.

Les équipes se sont appuyées sur les données cliniques de patients et sur les images de scanners de radiothérapie. Elles ont paramétré le système de manière à identifier les patients en réponse complète au traitement. Par la suite, les données des patients déjà pris en charge dans les hôpitaux cités plus haut ont permis d’évaluer l’algorithme mis au point. Il s’est montré précis dans 80% des cas analysés. Les patients identifiés ont ainsi subi une opération moins lourde.

Des systèmes pour choisir le traitement le plus adapté à chaque patient

Les soignants ont longtemps utilisé le système Adjuvant! Online pour évaluer la valeur ajoutée des différents traitements adjuvants pour le traitement du cancer du sein. Un traitement adjuvant est un traitement complémentaire au traitement de première intention. Les soignants renseignaient quelques critères dont l’âge de la patiente, son état clinique, les récepteurs hormonaux, la taille de la tumeur, le nombre de ganglions envahis etc. On obtenait alors une estimation des probabilités de survie à 10 ans en fonction du protocole thérapeutique adjuvant administré (chimiothérapie seule, hormonothérapie seule, chimiothérapie et hormonothérapie, aucun traitement). En cours d’actualisation, Adjuvant! Online n’est plus accessible. 

On peut aussi évoquer le projet DESIREE, également utilisé contre le cancer du sein. Ce projet a pour but de concevoir un environnement logiciel qui proposera différents traitements ainsi que la chronologie des étapes du parcours de soins.  Il donnera aussi des recommandations issues de guides de bonnes pratiques en fonction des données renseignées au préalable. Le système sera « intelligent » de sorte qu’il apprendra des décisions adoptées et des résultats obtenus avec celles-ci. Il servira pour la décision des cas plus compliqués qui n’apparaissent pas dans les « guides de pratique clinique ». Desiree a reçu des fonds de l’Union européenne dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020.

Ces différents systèmes contribuent ainsi à l’élaboration d’une prise en charge plus personnalisée en cancérologie.

Interface DESIREE

Plus d’informations sur le projet DESIREE

Maëlie Eyraud

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *