Le développement des travaux génomiques

La première loi de bioéthique, apparue en France en 1994, ne parle pas encre de génome ou d’embryon. De nouvelles lois et modifications sont apparues en 2004, 2011 et 2013. Les lois de bioéthiques sont aujourd’hui de nouveau en discussion, avec deux points majeurs concernant les modification du génome :

  • « L’avancée de la recherche dans les domaines de la reproduction, du développement embryonnaire et des cellules souches et le respect dû à l’embryon comme personne potentielle »
  • « Les techniques de séquençage et d’ingénierie génomique et les prémisses d’une médecine prédictive »

L’accélération de la création de lois témoigne des avancées fulgurantes des recherches dans ce domaine. Les deux premiers bébés génétiquement modifiés sont nés en Chine. Ces deux jumelles ont fait la fierté du biologiste He Jianku mais elles ont aussi choqué la communauté scientifique. Cet acte, bien qu’isolé et critiqué, a brisé un tabou et pourrait à l’origine d’une compétition pour créer l’homme amélioré.

On parle ici de bébés CRISPR, en référence à la technique CRISPR-Cas9. Celle-ci consiste à associer un brin d’ARN et d’une enzyme (cas9). Le premier se fixe à l’ADN pour guider l’enzyme qui va agir. Elle peut ainsi couper, remplacer ou inactiver le gène ciblé. Les bébés CRISPR sont issus d’une fécondation in vitro et ont reçu la mutation delta 32 du gène CCR5 afin d’empêcher la production d’une protéine utilisée par le virus du sida. Cette manœuvre est pourtant interdite dans le monde entier.

Les nouvelles techniques de manipulations du génome comme le CRISPR-Cas9 oblige à revoir les lois de bioéthique.

Manipulation du génome : espoir, bioéthique et controverses

Cette technique subit donc de nombreuses controverses. Elle permet de modifier le génome sans l’altérer donc pourrait grandement influencer le futur de l’Homme. Mais elle implique de grands risques. Les effets à long terme et notamment sur la descendance ne sont pas encore connus. De plus, le CRISPR Cas9 pourrait être utilisé comme une arme pour créer des individus augmentés. Bien que proche de la science fiction, cette perspective a poussé James Clapper, chef du renseignement Américain, à considérer la technique comme une « arme de destruction massive ».

Pourtant, les travaux génomiques sont à l’origine d’un très grand espoir pour les personnes souffrantes de maladie génétique. D’après le Pr Julie Steffan, « il faut libérer la recherche sur l’embryon en France ». La révision de la loi de bioéthique représente donc un enjeu majeur pour la manipulation du génome. Elle doit encadrer des pratiques très prometteuses mais qui peuvent se révéler dangereuses.

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