L’apport de l’imagerie combinée en interventionnelle : IRM peropératoire

L’emploi d’une IRM peropératoire en neurochirurgie interventionnelle a débuté dans les années 2000. Elle permet une résection maximale, dès la première opération, des lésions tumorales cérébrales et notamment des gliomes de bas grade.

Le Professeur Guillevin intervient afin de mettre en évidence les enjeux et les contraintes de mise en place de cette modalité. L’IRM peropératoire se positionne en interface avec le bloc opératoire. Souvent, elle se présente sous la forme de deux salles contigües. Par exemple, au CHU de Poitiers, le bloc opératoire et la salle d’examen IRM communiquent via un sas. L’enjeu de cette installation est la réalisation d’images peropératoires dans une fenêtre de 15 minutes. Il est ainsi possible de détecter d’éventuels reliquats tumoraux et d’éviter au patient une nouvelle opération éprouvante.

apport imagerie combinée en interventionnelle, IRM peropératoire

Dans le cadre de la chirurgie éveillée, le chirurgien monitore la zone de résection à l’aide d’électrodes. Il s’assure donc qu’il peut enlever du parenchyme sans créer de lésion. Tant qu’il ne trouve pas de zones éloquentes, il va réséquer (résection dite « supra complète »). La chirurgie éveillée, couplée à une IRM peropératoire avec fusion-recalage, sur une cartographie des zones chaudes d’activités tumorales rétablie en pré-opératoire, va permettre une résection maximale à un taux de reprise du patient très faible, contrairement au cas de chirurgie sans réveil peropératoire. Cette procédure permet donc d’éviter une IRM post-opératoire immédiate faisant partie du standard de soins.

L’IRM peropératoire combinée en interventionnelle : un challenge logistique pour de nombreux avantages

L’utilisation de cette modalité présente de nombreux avantages à prendre en compte pour l’exérèse des gliomes. Mais l’installation n’en est pas moins compliquée. Au CHU de Poitiers, le choix de dédier une salle à l’IRM se justifie par le besoin d’une utilisation double : activité normale et peropératoire. Cette double activité demande des besoins spécifiques dont un flux laminaire permettant le basculement d’un environnement ISO 7 ou 8 en activité normale, à un environnement ISO 5 requis par une activité de bloc opératoire. Enfin, la table d’opération est déclipsable et amagnétique, permettant ainsi de réaliser l’examen d’imagerie sur cette même table.

Malgré les contraintes d’installation, l’utilisation d’une IRM peropératoire apporte une meilleure efficience aux actes d’exérèse en neurochirurgie. Elle pourrait prochainement être exportée à d’autres domaines chirurgicaux.

  • Pr. Rémy GUILLEVIN PUPH, Radiologue, responsable de la plateforme IRM peropératoire. Equipe DACTIM-MIS du LMA/ CNRS 7348 sise au CHU de Poitiers

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *