Robots et handicap cognitif : quels usages pour quels effets sur les habiletés sociales ?

Des experts ont constaté que les robots pouvaient être très utiles pour développer les capacités relationnelles des enfants subissant un handicap cognitif. À l’arrivée de ces nouveaux compagnons, utilisés comme des interlocuteurs mécaniques, ils remplaçaient le médecin dans l’interaction avec l’enfant. Malgré l’amélioration constatée, il était tout de même possible de faire mieux. Le développement des capacités de ces enfants autistes en matière d’échanges sociaux est un point essentiel du travail de l’association Robots!.

Un robot pour les enfants ayant un handicap cognitif.

Le projet Rob’Autisme a pour but d’aider des adolescents présentant des troubles du spectre autistique à s’ouvrir à la société. Cette fois-ci, l’enfant n’est pas en interaction avec le robot, mais utilise ce dernier pour échanger avec d’autres personnes. Le but de cette initiative est la création d’un spectacle entièrement imaginé par les adolescents. Il se construit en 20 séances de travail réparties sur 10 mois. Lors de 10 séances, les enfants vont enregistrer leur voix et créer les décors dans lesquels va évoluer le robot pendant le spectacle final. Puis, les 10 autres séances sont réservées à la programmation robotique. Les enfants vont à ce moment décider des mouvements à donner au robot et des moments où ce dernier parlera. De plus, au cours de ces différents ateliers, les adolescents sont préparés en douceur à l’ouverture aux autres, au travers de l’utilisation de l’automate.

Enfin, la 21ème séance sera celle du spectacle. Le robot se produit devant une audience restreinte composée des familles et des membres de l’association. Les adolescents, qui sont ici les créateurs de l’oeuvre, restent légèrement en retrait. À la fin du spectacle, le moment des applaudissements est une étape cruciale. En effet, cette dernière est une interaction forte entre les enfants autistes et le public qui représente la société extérieure. Ce programme a eu des résultats très positifs depuis sa création en 2014. En effet, les familles ont pu constater de très nettes améliorations des capacités relationnelles de leurs enfants. Les parents ont également grâce à cela plus de libertés et on constate un réel soulagement dans les différents témoignages.

  • Sophie Sakka, Enseignant chercheur, Centrale Nantes

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