L’ingénierie biomédicale à l’échelle européenne

Quelle est la place de ingénieur biomédical en Europe ?

Actuellement, de nombreux pays possèdent leur propre association d’ingénieurs biomédicaux. Mais ces associations nationales ne sont pas suffisantes pour se faire entendre au niveau européen. Or, c’est à cette échelle que toutes les décisions importantes sont prises. Quelle est la place de l’ingénieur biomédical en Europe ?

Les récents changements sur la réglementation des dispositifs médicaux (DM) auraient dû être l’occasion pour les ingénieurs biomédicaux de contribuer aux décisions. En effet, elles influenceront grandement leur profession à l’avenir. Cependant, c’est le Medical Device Coordination Group, composé d’associations de pharmaciens ou encore d’industriels, qui a pesé sur ces décisions.

Effectivement, avant 2018, le métier d’ingénieur biomédical n’apparaissait pas dans ESCO (European Skills Competences Qualifications and Occupations). De ce fait, la profession ne possède pas une réelle reconnaissance au niveau européen. Cela a commencé à changer en 2015, quand une collaboration est née avec EESC (European Economic and Social Commitee). Une étude a permis de déterminer l’impact de l’ingénierie biomédicale en Europe et d’inscrire cette profession à l’ESCO. Ce fût la première reconnaissance européenne.

Une harmonisation des missions de l’ingénieur biomédical à l’échelle de l’Europe

Même si cette inscription à l’ESCO est un début, il est maintenant nécessaire de réunir et mobiliser un grand nombre de professionnels du biomédical pour avoir un poids plus important. Pour cela, il est envisageable de rassembler les associations nationales pour parler d’une même voix à l’échelle européenne. Dans cette optique et pour gagner en crédibilité, il paraît important d’homogénéiser et de clarifier les missions de l’ingénieur biomédical. Cette étape doit être harmonisée entre les différents pays membres de l’association européenne. De plus, il paraît également nécessaire d’intervenir auprès des universités formant les ingénieurs biomédicaux de demain, pour avoir des programmes cohérents avec les fonctions définies.

Fin octobre 2019, s’est tenu à Rome, le 3e congrès international de génie clinique et de gestion des technologies de la santé. Il a réuni près de 70 nationalités différentes. Ce type de congrès est ainsi l’occasion pour les professionnels du biomédical, comme pourrait l’être une association européenne, de rencontrer leurs homologues de pays différents et de partager avec eux leurs connaissances et leur expérience. Il leur permet également de s’intéresser aux questions internationales, et de poursuivre les discussions sur l’organisation des associations, à l’échelle européenne.

  • Bertrand Bouligand, CHU Angers
  • Dr. Leandro Pecchia, Président de l’EAMBES
  • Stefano Bergamasco, Secrétaire IFMBE
  • Barbara Vermeulen, CHU de Radboudumc

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