Expérience d’un scanner mobile en réanimation

Grâce au programme « Innovation », le CHU de Rennes a mené en 2017 une étude sur la mise en place d’un scanner au lit du patient. L’intérêt du scanner mobile pour le CHU de Rennes se situe dans son secteur de réanimation chirurgicale. En effet, près de 500 patients cérébro-lésés par an ont besoin d’un scanner cérébral. Ces derniers s’effectuent dans le service imagerie des urgences, deux étages en dessous. Cela demande alors des déplacements pour le patient et génère des risques d’hypertension intracrânienne, d’aggravation de l’état ou d’augmentation de la durée de séjour… Cela engendre aussi des problèmes organisationnels avec la mobilisation de personnels divers et de temps perdu.

L’idée a donc été de porter l’étude sur le volet technico-économique. Compte tenu du nombre de patients concernés et du coût d’un scanner crânien mobile, il a été décidé de louer ce dispositif pour une durée de six mois. Le choix s’est porté sur le Ceretom de Samsung. En effet, sa masse modeste, des facilités de déplacement et de ses deux modes d’acquisition (hélicoïdal et séquentiel) en font un appareil tès pratique.

Expérience d’un scanner mobile en réanimation avec le ceretom de Samsung

Les difficultés du CHU de Rennes

Cependant, le CHU rencontre quelques difficultés dues à la réglementation. Il plaide auprès de l’ARS pour s’extraire du régime des « équipements lourds ». L’étude se déroule sur une durée limitée, les patients sont internes et les examens étaient indispensables de toute façon. L’ARS ne peut cependant pas accéder à cette demande vis-à-vis de la facturation CPAM et de l’obligation de dépôt d’un dossier « classique » d’autorisation d’usage d’un scanographe à usage médical. Une négociation se met donc en place avec l’ARS afin de mettre en place une solution juridique acceptable. La seule trouvée est l’expérimentation au titre de la recherche. Cela implique donc une autorisation de l’ASN et aussi l’avis du CPP.

Malheureusement, les autorisations se font attendre car l’ARS et l’ASN ne trouvent pas d’accord. De plus, l’ASN doit gérer le sujet nouveau et original de la radioprotection pour un scanner mobile en réanimation. À la demande de l’ASN, les doses délivrées et cumulées sont mesurées. Il est également indispensable de rédiger des documents spécifiques (plan de zonage).

Les résultats de l’étude ont connu un début très laborieux. En effet, peu d’examens ont été réalisés avec des formations diluées et incomplètes. De plus, les premières images sont donc décevantes (qualité insuffisante pour un diagnostic) et une logistique moins réactive qu’à l’accoutumé (un seul technicien…). Ayant identifié ces points de difficulté, l’étude va pouvoir repartir sur des bases mieux maîtrisées.

  • Hubert Serpolay, Directeur de l’ingénierie biomédicale, CHU de Rennes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *