La base d’Angers, outil fiable ?

base du CHU Angers pour la compatibilité analytique hospitalière

La Comptabilité Analytique Hospitalière (CAH) est une obligation réglementaire inscrite au Code de la santé publique depuis 2010. La direction générale de l’offre de soin (DGOS) a établi un guide méthodologique de CAH. La base d’Angers est l’un des outils de gestion et de pilotage de l’établissement de santé. L’intérêt principal consiste à identifier des leviers d’amélioration, parler un langage commun et pouvoir comparer les établissements. La base d’Angers constitue un référentiel pour le coût des activités non cliniques de l’établissement. La saisie des données est un facteur crucial pour l’exploitation de la base d’Angers. Celle-ci se révèle technique et chronophage et constitue alors un frein à la réponse et à la qualité des informations données par les établissements. Deux fiches standardisées sont à renseigner : l’une qualitative, précisant l’activité du service, et l’autre financière, englobant les charges et déductions. Les unités d’œuvres sont les indicateurs clés de la base d’Angers.

Les premiers résultats de la base d’Angers

Au nombre de deux pour la composante biomédicale, elles correspondent au capital d’équipements biomédicaux en kilo euro et le nombre d’heure d’intervention du service biomédical. La constante évolution des activités suivies nécessite un regard attentif sur les renseignements demandés. Une fois la saisie de la base achevée, s’en suit l’exploitation des résultats obtenus. Véritables outils de pilotage des directions, ces chiffres deviennent des clefs à s’approprier. Pour effectuer une comparaison valable, il faut prendre en compte la catégorie et la sous-catégorie auxquelles l’hôpital appartient. La base d’Angers renseigne également un coefficient de variation. Si celui-ci est supérieur à 0.3, l’intervalle de confiance est non significatif. Il est primordial d’être critique envers les résultats annoncés.

En effet, les résultats de 2017 indiquent 135 réponses d’établissements pour l’activité biomédicale. Il est à noter que l’offre de soins publique est portée sur 1400 établissements environ. Le taux de réponses spécifiques aux sous-catégories peut être non représentatif car il recueille les données de très peu d’établissements de soins. La pertinence des résultats devient donc une question cruciale. Finalement, la base d’Angers est-elle, un outil utile ? Peut-être, mais il reste à faire… L’amélioration et l’optimisation de la saisie des données ainsi que la bonne pratique de l’exploitation des résultats montreront à l’avenir si cet outil est réellement nécessaire.

  • André Grosjean, Ingénieur en chef biomédical, CHU Rouen

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *