Intubation difficile : état de l’art, avancées, techniques disponibles

L’intubation difficile est à l’origine de nombreuses avancées techniques. En effet, elle présente un risque majeur pour le patient : l’hypoxémie. Pour éviter d’en arriver à cette situation, différentes méthodes de préparation et de surveillance des constantes du patient existent. Ces constantes permettent de mettre en place des critères d’évaluation des risques.

La phase de préoxygénation permet de préparer le patient à endurer une longue apnée. La technique la plus simple correspond à une respiration spontanée profonde de 3 minutes, offrant au praticien du temps supplémentaire pour réaliser le geste en cas d’intubation difficile. Toutefois, ce délai reste insuffisant en cas de complication. Pour y remédier, on a développer la ventilation à haut débit (optiflow). Faisant entrer un volume d’air important dans les poumons du patient, cette technique permet d’obtenir une heure supplémentaire avant que le patient n’entre en hypoxémie.

Différentes techniques pour l’intubation difficile

Intubation difficile : état de l'art, avancées, techniques disponibles

L’Oxygen Reserve Index (ORI) est une technique d’évaluation de la réserve en oxygène du patient très pratique en cas d’intubation difficile. Elle permet d’anticiper la désaturation en déclenchant une alarme 30 secondes avant la chute du taux d’oxygène. Elle alerte ainsi le personnel soignant avant que le patient ne se trouve dans un état critique et leur permet de réagir en conséquence.Le laryngoscope et le vidéolaryngoscope sont les 2 équipements principalement utilisés pour réaliser une intubation. Si le patient présente un seul critère de risques d’intubation difficile, on utilise un laryngoscope. Le vidéolaryngoscope, lui, sera prioritaire dans le cas où au moins 2 critères de risques sont présents. Il a pour avantage d’offrir une image aux personnes assistant le praticien, qui pourront ainsi ajuster leurs gestes. Cependant, pour être performant avec cet outil, l’expertise comme l’expérience des utilisateurs sont nécessaires.

L’extubation est réalisée une fois l’opération passée, au réveil du patient. La réintubation étant source de surmorbidité et de surmortalité, il est important de tenir compte des facteurs de risques et d’en adapter la prise en charge. Le praticien doit ainsi adopter une stratégie d’extubation rigoureuse et des mesures préventives en lien avec les risques appréhendés.

  • Pr. Karine NOUETTE-GAULAIN Chef de service anesthésie et réanimation, Groupe hospitalier Pellegrin, CHU de Bordeaux

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